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Aux supervisés et futurs supervisés : pensons à la vidéo ! 🎬

Dernière mise à jour : 13 août

Ayant expérimenté à plusieurs reprises dans mes supervisions l'utilisation de l'enregistrement audio et vidéo, il me semble intéressant de vous ouvrir cette possibilité.


Si en effet, avec accord écrit de la ou des personnes que vous rencontrez (bien plus simple en libéral pour des raisons juridiques évidemment), il vous parait intéressant que nous regardions un extrait de vos rencontres cela amènera forcément à approfondir notre travail commun et pourrait être pertinent à essayer.


La supervision est le plus souvent une narration subjective et l'apport de l'image est indéniable, même si cela comporte des sentiments complexes à dépasser du type "j'ai honte", "j'aurais dû", etc. Ces pensées/émotions nécessiteront évidemment un peu plus de délicatesse de ma part. L'image enlève la protection crée par la verbalisation unique sans témoin extérieur ! Il suffira d'observer des courtes séquences en commun, voir la présence des corps dans une ambiance, sentir l'ambiance, voir ce qu'il se dit, comment... observer le chemin de chacun, les relances, les blancs, bref... un nombre incroyable d'éléments peuvent nous plonger dans la situation, en complet du récit.


Pour une psychanalyse traditionnelle cela poserait débat. Dans une thérapie d'inspiration analytique cela ne questionne pas et aucunement les cliniciens du reste du monde. En systémie, la caméra ne fait pas effraction, elle est le dispositif qui observe l’objet d’étude : les interactions. En EMDR, en TCC ou hypnose cela n'est également pas l'objet d'un débat controversé.



Evidemment :


- en partageant un écran Zoom pas de nécessité de m'envoyer quoique ce soit (et c'est potentiellement plus simple que d'amener un ordinateur au cabinet du superviseur),

- je n'aurais pas à vérifier ce qu'il se passe en termes d'accord entre vous et la personne rencontrée, vous êtes majeurs, responsables, des professionnels, je vous laisserai donc le soin de répondre à des exigences éthiques et déontologiques sans avoir à vérifier ces éléments qui vous incombent.



Filmer les séances fait partie d'un champ de recherche actif depuis les années 1970, avec un regain d'intérêt récent grâce aux outils numériques.


Un grand nombre d'études vont dans le sens de cette pratique.


  • Alfonsson, S., Parling, T., Spännargård, Å., Andersson, G., & Lundgren, T. (2018). The effects of clinical supervision on supervisees and patients in cognitive behavioral therapy: A systematic review. Cognitive Behaviour Therapy, 47(3), 206-228.

  • Hansen, J. C., & Barker, E. N. (1964). Experiencing and the supervisory relationship. Journal of Counseling Psychology, 11(2), 107-111.

  • Hilsenroth, M. J., Peters, E. J., & DeFife, J. A. (2015). Video-based training and supervision in psychotherapy. Psychotherapy, 52(2), 161-169.

  • Kagan, N. (1984). Interpersonal Process Recall (IPR): Basic methods and recent research. In D. Larson (Ed.), Teaching and learning clinical skills (pp. 29-60). Springer.

  • Katz, D., & Hilsenroth, M. J. (2017). Video-assisted supervision in clinical training. Journal of Clinical Psychology, 73(8), 946-957.

  • Milne, D. L., & Watkins, C. E. (2014). Defining and measuring clinical supervision outcomes. In C. E. Watkins & D. L. Milne (Eds.), The Wiley international handbook of clinical supervision (pp. 701-717). Wiley.

  • Rousmaniere, T. (2014). Using technology to enhance clinical supervision and training. In C. E. Watkins & D. L. Milne (Eds.), The Wiley international handbook of clinical supervision (pp. 204-237). Wiley.

  • Wheeler, S., & Richards, K. (2007). The impact of clinical supervision on counsellors and therapists, their practice and their clients: A systematic review of the literature. Counselling and Psychotherapy Research, 7(1), 54-65.



Les points importants à retenir de la littérature

  1. La recherche est globalement positive : la vidéo améliore la précision de la supervision, permet une meilleure observation des micro-communications, et favorise l'auto-réflexion du thérapeute.

  2. Limites méthodologiques : beaucoup d'études sont observationnelles ou qualitatives. Peu d'essais contrôlés randomisés existent, ce qui limite les conclusions causales.

  3. Effets mesurés : amélioration des compétences techniques, meilleure alliance thérapeutique, augmentation de la confiance du superviseur, mais peu d'études montrent un impact direct sur les résultats des patients.

  4. La vidéo n'est pas suffisante en soi : c'est l'utilisation réflexive de la vidéo (avec feedback structuré) qui est efficace, pas le simple enregistrement.


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© 2022-2026 par Maximilien Bachelart

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